Géopolitique de l'IA et si Trump débranchait l'Europe

17 mars 2026 | 09:12 - 09:27

Imaginez un mardi matin : Teams ne répond plus, Outlook tourne dans le vide. Ce scénario « Trump débranche Microsoft » n'est pas tout à fait de la science-fiction. L'Europe dépense 265 milliards de dollars par an en services numériques américains. 80% des entreprises du CAC40 tournent sous Microsoft, les tarifs cloud ont progressé 2,5 fois plus vite que l'inflation. Nous avons pris goût au confort — sans mesurer la dépendance. C'est Trump qui nous a réveillés : en coupant les services de la Cour Pénale Internationale, en révélant qu'acheter des F-35 revient à signer un contrat sur les guerres qu'on a le droit de mener. Le câble existe. Et d'autres mains que les nôtres sont dessus. La dépendance couvre quatre niveaux — services, cloud à 83% américain, paiements, systèmes d'armes. À chaque couche : perte de contrôle, de savoir-faire, de capacité d'action. Soyons lucides : on ne corrige pas 25 ans d'indolence stratégique en un trimestre. Nous avions dominé le GSM. Nous avons raté internet. Mais l'IA redistribue les cartes. Si nous n'agissons pas, la valeur qui traverse l'Atlantique pourrait tripler. Si nous agissons — open source, effets d'échelle, règles anti-lock-in — la fenêtre existe. Le prochain train part maintenant. Il s'appelle IA. Cette fois, essayons de ne pas le regarder passer depuis le quai.

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